Histoire des communes

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Chartres : Hôtel Montescot

Rue Mairie (rue de la)
Voir aussi :
Construction 1614
 

l'Hôtel Montescot

le 1er bâtiment : l'hôtel particulier de Jean et de Claude de Montescot

En 1546, Jean de Montescot, administrateur des domaines et revenus du duché de Chartres, fait édifier un hôtel rue de la Fromagerie. Son fils Claude, notaire et secrétaire du Roi, y nait et en hérite en 1575.

Le dernier quart du XVIeme est en France une période agitée par les guerres de religion. Celle dite des "Trois-Henri", voit ainsi s'opposer de 1585 à 1589, d'une part Henri III, roi de France, catholique "modéré" soupçonné de tolérance envers les protestants et relativement indécis, le futur Henri IV, alors roi de Navarre, protestant, et Henri de Guise, chef de la Ligue Catholique.
Or, en cette fin de XVIeme siècle, la ville de Chartres montre, comme souvent, son attachement viscéral à "sa" religion séculaire, le catholicisme : les autorités municipales chartraines sont résolument du côté de la Ligue.
Claude de Montescot, en revanche, est un fidèle allié du Roi Henri III, il doit donc s'enfuir en 1588 : son hôtel est saisi et occupé par des partisans de la Ligue.
Henri III assassiné en 1589 par un moine fanatique, c'est Henri de Navarre qui devient roi de France sous le nom d'Henri IV. Il entreprend la reconquête de son royaume en grande partie tenu par la Ligue, qui refuse de reconnaître un roi protestant.
L'arrivée au pouvoir de ce roi protestant provoqua une grande frayeur parmi les catholiques : l'agitation se répandit donc dans la ville de Chartres. Les appréhensions des chartains étaient fondées : après plusieurs sièges infructueux de Paris, qu'il avait dû lever, Henri IV avait l'intention de prendre la ville, afin de s'assurer une position stratégique et de mettre la main sur le grenier à blé que la Beauce représentait.

Le siège de Chartres commença donc le 11 février 1591. Après de multiples péripéties, dont plusieurs assauts repoussés, le 10 avril, la ville de Chartres accepta de déposer les armes, après la négociation âpre de quelques points fondamentaux pour les chartrains, dont la garantie de l'exercice du culte catholique et l'nterdiction du culte réformé dans la ville et ses faubourgs.
Henri IV rentra donc dans la ville le 20 avril.
La municipalité fut reconstituée selon les anciennes coutumes, et les chartrains organisèrent des processions pour la conversion du Roi.

Le retour de la ville de Chartres dans le giron de l'autorité royale favorisa le retour de Claude de Montescot, mais son hôtel avait été dévasté et il dut faire reconstruire le bâtiment détruit.

le 2ème bâtiment : des Ursulines aux Filles de la Providence.

Le nouvel hôtel fut terminé en 1614, comme en témoigne l'inscription sur sa façade « ATAVITAM. MONTESCOTIORVM. QVA NATVS. DOMVM. CLAVD. RESTITVIT : 1614».

A la mort de Claude de Montescot, en 1622, son fils Jacques de Montescot vendit l'hôtel aux soeurs Ursulines de Saumur, qui utilisèrent les lieux pour l'éducation des jeunes filles pauvres. Cet établissement ne semble pas avoir été très fréquenté, car le nombre de religieuses y diminue tellement que le monastère des Ursulines est supprimé le 29 décembre 1759 par l'évêque de Chartres. Les biens de ces Ursulines furent attribués aux couvents de Filles-Dieu, des Carmélites et des Hospitalières de la Providence.
Ce sont ces dernières, dites Filles de la Providence, qui s'installèrent dans l'Hôtel Montescot en 1761, pour s'occuper également de l'éducation des orphelines et des enfants sourdes et muettes : en 1791, l'établissement comptait 19 religieuses et 20 orphelines. Il fut fermé par la municipalité révolutionnaire au cours de l'année 1791, et en septembre 1792, les biens des Filles de la Providence étaient attribués à l'hôpital général de Saint Brice, dit Bureau des Pauvres.

la mairie du XIXeme siècle et de la 1ère moitié du XXeme siècle

Le 6 novembre 1792, le Bureau des Pauvres loua l'Hôtel Montescot à la ville de Chartres, pour y installer sa mairie.
La ville acheta finalement le bâtiment en 1824.
En 1834, un musée est ouvert dans l'aile droite.
En 1857, les façades extérieures sont restaurées.
En 1871, la mairie fait bâtir deux ailes supplémentaires, et installe une bibliothèque dans l'une d'entre elles en 1873 et dans l'autre le musée en 1874.
Un agrandissement supplémentaire abritera ensuite la Justice de Paix (côté place des Halles).
L'hôtel Montescot à été classé Monument Historique en 1939 (pour les façades et les toitures)

le bombardement du 26 mai 1944

Le 17 mai 1944, vers 18h, alors qu'une formation de bombardiers américains s'apprêtait à bombarder l'aérodrome, la défense antiaérienne allemande toucha l'un d'entre eux, provoquant le largage de ses bombes, qui tombèrent sur la place des Halles, la mairie et les rues avoisinantes, faisant 49 morts.
Ce fut le bombardement le plus dramatique et le plus marquant que la ville eut à connaître : non seulement il occasionna de nombreux morts et des destructions d'immeubles, mais en plus, une importante partie du patrimoine culturel chartrain disparut en quelques heures.
En effet, un incendie s'était aussitôt déclaré dans les combles de l’hôtel de ville, et à la fin de la journée, il ne restait plus de l’hôtel de ville que les maçonneries et une aile relativement peu endommagée : tous les bâtiments formant le côté est de la place des Halles (voir la carte postale n°1 de la place des Halles) avaient disparu : l'aile de la justice de paix et la bibliothèque étaient complètement détruites.
Si le musée, qui avait été déménagé dès 1939 vers l'ancien palais de l'Evêché, n'a pas eu à souffrir de ce bombardement, la bibliothèque a été complètement ravagée, par l'incendie, mais aussi par l'eau déversée par les pompiers pour l'éteindre, causant une perte irréparable pour la ville de Chartres : 150.000 livres, 1.500 manuscrits, 400 incunables et de nombreuses gravures ont été perdus en quelques heures.
Les bâtiments de l'hôtel de ville étant désormais inutilisables, les services municipaux furent transférés dans les locaux de l'institution Guéry (rue Collin d'Harleville, en face de la Préfecture).
C'est à l'emplacement des bâtiments détruits, qu'après avoir restauré les parties de l'hôtel Montescot qui pouvaient l'être, on construisit le nouvel hôtel de Ville, inauguré en 1960, dont l'entrée se situe désormais place des Halles.

sources :

- Histoire de Chartres, sous la dir. d'André Chédeville, éd. PRIVAT 1983,
- Histoire des rues de Chartres, Roger Guillois, éd. L'Echo Républicain 1978,
- La libération de Chartres, Rger Joly, éd. Le Cherche Midi Documents 1994,
- Chartres, un patrimoine à vivre, sous la dir. de Nadine Berthelier, éd. Le Cherche Midi 2004.
- site officiel de la ville de Chartres
- wikipedia


Saisie : Carole & Eric CANTIN

Dernière modification : 19 Février 2012