Histoire des communes - Fiche personnalité

Personnalité

  • Adrien Augustin Amalric de MAILLY-RAYNEVAL

  • Naissance : 1792

  • Décès : 1878

  • Profession : Comte de Mailly, Marquis de Nesle et d'Haucourt, Maire, conseiller général, paire deFrance

  • 1 conjoint

  • 5 activités


Adrien Augustin Amalric de MAILLY-RAYNEVAL

Marquis de Mailly-Montcavrel en Boulonais, Saint-Légier en Pairie d'Eu, Saint-Michel d'Hallancourt et Joyeuse-Garde en Provence, premier marquis de France et grand-sénéchal de Vermandois, comte de Châlons, prince d'Orange et le Lisle-Montréal, comte de Mailly-Rayneval,de Villedieu-lès-Coucy, Bailleul, Agimont-le-Neuble, Mangest et autres lieux ; baron de Ravensberg et d'Assigny, seigneur de Sedziszow et autres lieux dans l'empire d'Autriche.

Ancien Pair de France, Ancien lieutenant-colonel de cavalerie, ancien aide-de-Camp du Duc de Berry et du Duc de Bordeaux.

Premier Chanoine d'honneur de la cathédrale de Perpignan. Ancien membre du conseil général de la Sarthe, ancien président des collèges électoraux de la Sarthe, ancien maire de Pontvallain, commandeur-né de l'ordre militaire et hospitalier de Saint-Jean de Jérusalem.

Officier de la Légion d'honneur

Biographie

Adrien Augustin Amalric de MAILLY-RAYNEVAL était le seul héritier de tous les titres de trois branches de la famille de MAILLY.

A 16 ans il fut envoyé de force, par Napoléon, à l'école militaire de Saint-Cyr, d'où il passa à celle de Saint-Germain. En 1811, il fut nommé sous-lieutenant au 2 régiments de carabiniers, et il fit avec distinction la campagne de Russie, pendant laquelle il fut détaché auprès du Général Durosnel, aide de camp de l'Empereur, qui avait été appelé aux fonctions d'aide-major général de cavalerie, et qui exerça pendant quelques jours celles de gouverneur de Moscou. D'après les ordres de son général, M. le comte de Mailly chercha, par tous les moyens imaginables, et souvent au péril de sa vie, à sauver cette ville de l'incendie qui y éclata tout à coup et qui fut le signal de cette sanglante retraite qui coûta tant de sang à la France.

Rentré à son corps après cette catastrophe, M. le comte de Mailly, fut blessé, le 18 octobre, d'une balle à la poitrine, sur la route de Kalouga. Il suivait, avec peine, l'armée en retraite, lorsque Napoléon, instruit de sa position, donna l'ordre de le faire mettre dans une de ses propres calèches, faveur insigne à laquelle était loin de s'attendre un simple sous-lieutenant, au milieu de nos plus grands désastres. Cependant les moyens de transport manquant de plus en plus, M. de Mailly fut contraint d'achever la route sur un des chevaux de l'Empereur. Il rentra en France ; mais sa blessure l'empêcha de prendre part à la campagne qui décida du sort du gouvernement impérial. Toutefois il n'en fit pas moins son service auprès du général Durosnel et plus tard du duc de Feltre, comme aide de camp.

Quand l'abdication de Fontainebleau eut délié M. le comte de Mailly de son service au gouvernement impérial, il accepta avec empressement et reconnaissance les fonctions d'aide de camp auprès du duc de Berry. Le 29 juillet 1814, il reçut la décoration d'officier de la Légion d'Honneur. Il avait été présenté par son colonel, pour la croix de chevalier, en 1813. Par une prérogative de sa famille, il était chevalier de Malte dès son berceau.

Le 20 mars 1815, il s'apprêtait à suivre la famille royale à Gand, lorsqu'il reçut, dans la nuit, du prince auquel il était attaché, l'ordre formel de rester en France où il pourrait servir plus efficacement la cause des Bourbons.

A la seconde Restauration, il reprit son service auprès du duc de Berry, et il fut, malgré son extrême jeunesse, créé pair de France, le 17 août 1815. Sa modestie l'empêcha d'abord ce croire à la réalité de cet honneur, et il témoigna le crainte qui l'on eût inscrit pour un autre; mais le lendemain même, le roi Louis XVIII, l'apercevant aux Tuileries, lui dit avec une grâce charmante : "Monsieur de Mailly, vous ne voulez donc pas croire que ce soit vous que j'ai nommé pair ?... Je vous prie d'être persuadé que jusqu'à ce qu'il vous ait plu de nous donner des enfants, il ne peut y avoir d'autre Mailly que vous qui soit pair de France."

Après la mort du duc de Berry, il fut nommé aide de camp du duc de Bordeaux, et promu, le 22 janvier 1824, au grade de lieutenant-colonel.

M. le comte de Mailly a pris une part active aux travaux de la Chambre des paires, où il s'est signalé autant par son dévouement à la famille royale que par son attachement à la Charte et aux institutions constitutionnelles. Lorsque la révolution de 1830 éclata, il crut devoir donner sa démission de pair de France, plutôt que de prêter un serment contraire à sa conscience, et il rentre dès lors dans la vie privée.

En 1827, M. le comte de Mailly avait présidé le collège électoral de l'arrondissement du Mans, et en 1830, le grand collège électoral du département de la Sarthe.

M. le comte de Mailly a été en outre, pendant cinq ans, maire de la commune de Pontvallain, chef-lieu de canton, où son inépuisable générosité fut prodigue de bienfaits. Il en a rétabli, en grande partie à ses frais, l'église incendiée dans les guerres de la Vendée; il y fit construire un hôtel de ville et une caserne de gendarmerie pour une brigade obtenue par son entremise. En 1830, il y faisait élever un édifice destiné aux malades et à l'instruction des pauvres enfants, quand les évènements politiques vinrent arrêter cette pieuse entreprise, qui ne saurait manquer pourtant d'être terminée un jour.

Membre du Conseil général de la Sarthe pendant plusieurs années, M. le comte de Mailly fit décider l'exécution d'une route départementale entre le Havre et Saumur, par Le Mans et Pontvallain, pour laquelle, ainsi que pour d'autres, il a avancé ou donné des sommes considérables.

Doué d'un goût éclairé pour les arts, M. le comte de Mailly a fait construire dans sa terre du Maine, un château dans l'architecture du Moyen Age, aussi remarquable par l'élégance que la richesse de son style que par la grandeur de ses proportions.

Source : Galerie Nationale des Notabilités Contemporaines, annales biographiques des principaux fonctionnaires.(E. Saint Maurice Cabany - 1850)


Saisie : Christiane BIDAULT

Dernière modification : 31 Janvier 2012